NOTE Post Réécriture : Cet article, et bien dâautres, fait parti de la sĂ©rie âScript kiddieâ. Il a Ă©tĂ© Ă©crit il y a plusieurs annĂ©es. Son contenu nâest pas Ă jour et il contient potentiellement des erreurs. Plus dâinformation sur la page de prĂ©sentation de la sĂ©rie.
Changer de dossier et lister les fichiers
Tapons donc notre premiÚre commande :
ls
Cette commande permet de lister les fichiers et les dossiers prĂ©sents dans notre rĂ©pertoire. Je vous laisse essayer de votre cĂŽtĂ©, rien de bien fou devrait se produire, mais câest dĂ©jĂ un pas dans votre apprentissage. Voici mon rĂ©sultat :
ls
ASM.odt                     cours           Untitled.xcf
'Boßtes de dialogue.odt'     persoent   programmation
Ce rĂ©sultat, Ă©galement appelĂ© sorti de commande (de lâanglais « command output », câest une dĂ©nomination plutĂŽt rare) ne devrait pas du tout ĂȘtre le mĂȘme que le vĂŽtre, ou alors vous vous trouvez sur ma machine, et vous devriez y partir avant que je ne vous retrouve :O. Ce phĂ©nomĂšne est tout Ă fait normal, on vient de lister les fichiers et dossiers prĂ©sents sur la machine, dans un dossier en particulier, alors il est tout Ă fait normal que ce ne soient pas les mĂȘmes en fonction de la machine et du dossier dans lequel on lâexĂ©cute.
Si je fais cette petite prĂ©cision qui peut paraĂźtre inutile aux yeux de ceux qui ont dĂ©jĂ un lourd passĂ© en informatique, câest quâelle peut sâavĂ©rer nĂ©cessaire pour certains. Non pas que ceux concernĂ©s soient stupides, mais que tous puissent comprendre que recopier bĂȘtement une commande que je vous ai notĂ©, et vous attendre Ă lâexacte similitude des rĂ©sultats, et une idĂ©e Ă vous sortir de la tĂȘte. Cet ouvrage est fait pour vous faire dĂ©couvrir, non seulement la sĂ©curitĂ© informatique, mais, in extenso, le fonctionnement profond de votre machine. Je ne ferai pas de vous des script kiddie (utilisateurs recopiant bĂȘtement des programmes ou des lignes de code pour H4ck3R quelquâun, on se sent Mister RobotâŠ).
Ces prĂ©cisions faites, continuons. Les commandes, sur Linux, utilisent des paramĂštres, que nous appelleront Ă©galement option. Ce sont de petits ajouts Ă une commande de base â souvent non obligatoire au bon fonctionnement du programme â qui vont changer son fonctionnement, et donc, ce que cette derniĂšre va nous renvoyer. Par exemple, avec ls, vous pouvez ajouter âall aprĂšs le nom de la commande :
ls --all
. Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â 'Commentaire sur le C.odt' Â Â Â Â Â Â Â Â programmation
..                        cours                             Untitled.xcf
ASM.odt                  '.~lock.Boßtes de dialogue.odt#'
'BoĂźtes de dialogue.odt' Â Â persoent
Ici, ls va retourner TOUS les fichiers, sans prendre en compte sâils sont cachĂ©s ou non. Car sur Linux, il existe cette fonctionnalitĂ©, qui est Ă©galement prĂ©sente sur les systĂšmes Windows et OSX, et qui permet de cacher des fichiers. Enfin, pas de les masquer Ă jamais, mais seulement de les rendre invisible aux yeux de lâutilisateur peu averti qui nâutilisera pas lâoption permettant de les afficher.
NOTE : Vous repĂ©rerez ces fichiers trĂšs simplement, ce sont dont le nom commence par un point, vous pourrez mĂȘme en crĂ©er vous-mĂȘme Ă lâavenir.
Il faut savoir que chez les passionnĂ©s dâinformatique, on est de vĂ©ritable fainĂ©ant, et donc, nâimporte quel moyen qui nous permettrait dâautomatiser une tĂąche ou de la raccourcir est bon Ă prendre. Câest pour cette raison quâil existe un Ă©quivalent plus cours faisant exactement la mĂȘme chose que âall :
ls -a
NOTE : On remarquera au travers de ces exemples que :
- Les paramÚtres étant des mots sont précédés de plusieurs tirets
- Les paramĂštres dâune seule lettre commencent avec un seul tiret
Avec de plus amples connaissances sur la commande ls, on peut ajouter plus dâoptions Ă notre commande :
ls --all --reverse
Faire se suivre plusieurs options dâun coup est tout Ă fait possible, et leur ordre importe peu dans la plupart des cas (si ce nâest pas le cas, vous nâaurez quâĂ essayer jusquâĂ ce que lâeffet escomptĂ© soit affichĂ©).
De mĂȘme que nous avons pu rĂ©duire âall en -a tout Ă lâheure, il est tout Ă fait possible de rĂ©duire âreverse en une lettre :
ls -a -r
Ces maniĂšres de raccourcir les paramĂštres sont pour le moment assez claires, car elles vous paraissent logiques, mais faites bien attention, il nâest pas rare que les versions longues et courtes dâune commande nâest parfois aucun lien logique les unissant de prime abord.
Dâailleurs, toujours dans cette optique dâen taper le moins possible, les petits paramĂštres dâune lettre peuvent ĂȘtre combinĂ©s pour nâen former quâun seul :
ls -ar
NOTE : Cette technique ne fonctionne quâavec les options dâune lettre, inutile de lâessayer avec celles de deux lettres ou plus, le rĂ©sultat ne sera pas le bon.
Je pense que nous avons bien assez épilogué sur la commande ls pour passer à la suite. La deuxiÚme commande que je voudrai vous présenter est la suivante :
cd
Elle permet de se dĂ©placer facilement de dossier en dossier, mais Ă©galement, de vous prĂ©senter le concept dâargument. En effet, afin de se dĂ©placer dans un dossier prĂ©cis, il va falloir lâutiliser en argument de la commande. Ce nâest pas bien compliquĂ©, faites juste suivre cd par le nom du dossier dans lequel vous voulez vous rendre. Par exemple, je veux me rendre dans mes documents :
[jacky@klvdwxx9 ~]$ cd Documents/ [jacky@klvdwxx9 Documents]$
NOTE : Comme vous pouvez le voir, le prompt a changé pour afficher le dossier dans lequel je me trouve aprÚs le changement.
Ainsi, cela change un peu la syntaxe de cd que je vous avais donnĂ© au prĂ©alable. Puisquâil va falloir justifier un argument, nous le noterons entre crochets, cela signifie quâil est obligatoire pour un fonctionnement normal et complet de la commande. De plus, Ă lâinverse des options qui resteront les mĂȘmes sur toutes les configurations pour obtenir un effet similaire, les arguments sont propres Ă chaque cas de figures. Cela nous donne donc la ligne suivante :
cd [dossier]
Bon câest trĂšs bien tout ça, mais comment revient-on en arriĂšre, dans le dossier prĂ©cĂ©dent, ou dans le premier dossier de base. Et comment peut-on faire pour dĂ©couvrir de nouveaux dossiers ?
Nous répondrons à toutes ces questions en abordant un outil trÚs utile dans la prochaine partie : le manuel.
Lisez le putain de manuel (RTFM)
RTFM (read the fucking manual) est un mot que lâon retrouve souvent sur les forums de discussions. Il permet de rĂ©pondre rapidement au questionneur que sa rĂ©ponse se trouve dans le manuel, et que, plutĂŽt que dâimportuner les autres utilisateurs avec sa question, il ferait mieux de la consulter, car il en apprendrait beaucoup plus quâavec un rĂ©sumĂ© fait par un inconnu. Mais quâest-ce donc que ce fameux manuel ?
Le manuel est un peu le livre sacré de tous les utilisateurs de Linux, un livre pas facile à saisir au début et qui recÚle potentiellement des connaissances hermétiques et ésotériques. Vous le retrouverez en tapant :
man [commande]
NOTE : Vous noterez la prĂ©sence dâun nouvel argument, la commande que vous voulez prĂ©cisĂ©ment Ă©tudier. Les arguments sont propres Ă un programme !
GrĂące Ă cette commande magique, une grande partie de vos questions concernant lâutilisation dâun programme auront dĂ©jĂ trouvĂ© leurs rĂ©ponses. MĂȘme la commande man possĂšde son propre manuel !
Se dĂ©placer Ă lâintĂ©rieur du manuel peut paraĂźtre un peu ardue au dĂ©part, mais on en retiendra les rĂšgles suivantes :
- Les touches [flÚche du bas] et [j] permettent de faire défiler la page
- Les touches [flĂšche du haut] et [k] permettent de remonter la page
- La touche [q] permet de sortir du manuel
Ainsi, pour retrouver le manuel de la commande cd, vous nâaurez quâĂ taper :
man cd
Et vous y apprendrez, aprÚs sa lecture complÚte, que taper cd sans aucun argument vous fera revenir dans le dossier de départ (appelé HOME), et que faire suivre cd de deux points (..), vous fera revenir dans le dossier parent. Si la structure des dossiers vous intéressent un peu plus pour comprendre le manuel de cd plus en profondeur, de plus amples explications se trouvent au début du chapitre sur la gestion des disques.
De mĂȘme, aprĂšs la lecture du manuel de ls avec :
man ls
On apprend que lâoption -l peut sâavĂ©rer trĂšs utileâŠ
Créer des fichiers, des dossiers et rediriger des résultats
CrĂ©er des fichiers et des dossiers, cela peut trĂšs bien se faire avec un explorateur de fichier graphique, mais rappelez-vous, lorsque vous vous trouverez sur la machine de quelquâun dâautre, oubliez les outils graphiques. Voyons donc comment le faire avec quelques lignes de commandes.
Pour créer un fichier, on utilisera touch suivi du nom du fichier en argument :
touch [nom]
Pour créer un dossier, on utilisera mkdir suivi du nom du dossier en argument :
mkdir [nom]
NOTE : Les fichiers et dossiers que nous venons de crĂ©er avec ces deux lignes sont absolument vierges de donnĂ©es, inutile donc dây utiliser ls.
Je nâai rien dâautre Ă ajouter sur ces deux programmes que le manuel ne pourra pas vous dĂ©tailler plus en profondeurâŠ
Cependant, puisque vos fichiers sont absolument vides de tout texte, je vous propose de commencer Ă Ă©crire des bribes de textes en vous exposant le concept de flux de redirection. Laissez-moi faire une mĂ©taphore filĂ©e pour vous lâexpliquer.
Lorsque vous conduisez, et que vous avez Ă vous rendre dâun point A Ă un point B, des panneaux de directions sont lĂ pour vous guider. Ils vous indiquent la route Ă prendre pour arriver Ă la bonne destination. Eh bien, les flux de redirection, câest un peu la mĂȘme chose, mais pour les fichiers. Le panneau devient le flux, la destination, le fichier vers lequel redirige le flux, et vous conduisant votre voiture, les donnĂ©es Ă rediriger.
En utilisant bien les flux, le rĂ©sultat dâune commande peut ĂȘtre inscrit dans un fichier pour ĂȘtre Ă©tudiĂ© plus tard, comme il peut ĂȘtre jetĂ© Ă la poubelle si vous nâen avez pas besoin. Câest Ă vous, de dĂ©cider oĂč est-ce que vos donnĂ©es seront entreposĂ©es et pour quelle raison. Vous ĂȘtes la sociĂ©tĂ© de gestion des routes si lâon devait continuer la mĂ©taphore filĂ©e jusquâau bout.
Mais avant de rediriger quoique ce soit, il faudrait peut-ĂȘtre commencer par les crĂ©er ces fameuses donnĂ©es. Pour ce faire, utilisons la commande echo qui permet lâaffichage de textes dans le terminal :
echo [texte]
En dehors dâun programme qui aurait des choses Ă dire Ă lâutilisateur (renvoyer un rĂ©sultat, annoncer une erreur), cette commande peut paraĂźtre inutile, cependant, en plus de me permettre de parfaire ce cours, elle vous servira Ă lâavenir pour la modification de vos fichiers de configurations sans avoir Ă les ouvrir avec un Ă©diteur. La syntaxe de ce genre dâopĂ©ration est presque toujours la mĂȘme :
echo [texte] > [fichier]
Le flux de redirection est reprĂ©sentĂ© par le symbole > dans la ligne prĂ©cĂ©dente, et il restera toujours le mĂȘme quand il sâagira dâĂ©crire le rĂ©sultat dans un nouveau fichier, ou dâeffacer le contenu dâun document existant pour le remplacer. Des flux, il nâen existe pas quâun seul, il y en a tout un tas, dont les utilisations divergent en fonction du cas. Plusieurs pourront vous servir lorsque vous vous retrouverez sur la machine dâune de vos futures victimes. Par exemple, il en existe un pour inscrire le rĂ©sultat de la commande Ă la fin du fichier :
echo [texte] >> [fichier_existant]
Si le fichier nâexistait pas auparavant, pas dâinquiĂ©tudes ; le flux le crĂ©era de lui-mĂȘme, comme tous les autres. Ces deux redirections utilisent des donnĂ©es du type « standard output » (sortie standard), car ce sont les donnĂ©es qui ne contiennent aucune erreur particuliĂšre, Ă lâinverse des « standard errors » (erreurs standards) qui elles sont des erreurs gĂ©nĂ©rĂ©es par les lignes que vous avez Ă©crites. Si vous en avez le besoin, il est possible de ne garder que les erreurs dans un fichier texte, et de jeter le reste du rĂ©sultat. Prenons cet exemple :
echo "J'aime le H4cK1nG" 2> erreurs.txt
cat erreurs.txt
eccho "J'aime le H4cK1nG" 2> erreurs.txt
cat erreurs.txt
bash: command not found: eccho
Dans un premier temps, lâinterprĂ©teur va exĂ©cuter la premiĂšre ligne. Puisque câest une sortie standard qui est produit par echo, et que le seul flux de redirection prĂ©sent sur la ligne concerne les erreurs standards, echo affichera son texte Ă lâutilisateur, et le fichier erreurs.txt sera créé, sans aucunes donnĂ©es Ă lâintĂ©rieur.
Dans un second temps, lâinterprĂ©teur, ici bash, voit une ligne avec une commande nommĂ©e eccho. Puisquâil ne la connaĂźt pas, il ne va pas lâexĂ©cuter et va Ă la place produire une erreur informant lâutilisateur de lâinexistence du programme. De plus, il sâaperçoit quâun flux redirigeant les erreurs standards est prĂ©sent lors de lâexĂ©cution, il va donc sâempresser dâĂ©crire son message dans le fichier prĂ©cisĂ©.
Bien évidemment, les deux flux sont cumulables pour séparer les sorties des erreurs standards :
echo "J'aime le H4cK1nG" > resultats.txt 2> erreurs.txt
Ici, la phrase souhaitĂ©e sera inscrite dans resultats.txt, et les erreurs, qui certes ne seront pas prĂ©sentes lors de lâexĂ©cution ici, seront retranscrites dans le fichier erreurs.txt.
Si on met de cĂŽtĂ© les flux dâentrĂ©e, permettant de donner un fichier Ă une commande, et dont lâutilitĂ© laisse Ă dĂ©sirer puisque la grande majoritĂ© des commandes acceptent directement les fichiers en tant quâargument quand ils en ont besoin, il existe un dernier flux de redirection que je voudrai vous prĂ©senter : le tube ! Ce dernier, dont le nom vient de lâanglais pipeline, sert Ă transfĂ©rer le rĂ©sultat dâune commande directement dans une autre, il agit rĂ©ellement comme un tuyau, redirigeant de commande en commande les prĂ©cieuses donnĂ©es produites. Restons avec notre nouvelle commande fĂ©tiche, echo, et ajoutons quelques petits extras pour prĂ©senter le concept :
echo "J'aime le H4cK1nG" | base64
Ici, le texte produit en sortie standard par echo est transfĂ©rĂ© par le tube â le symbole « | » dans la commande â jusquâĂ la commande base64, qui va modifier le texte pour lâencoder en base64 (de plus amples explications seront donnĂ©es sur ce codage, retenez uniquement que cette commande va transformer nos donnĂ©es comme indiquĂ© dans ces explications). Si je tenais absolument Ă vous prĂ©senter ce flux, câest que son utilisation peut ĂȘtre utilisĂ©e Ă des fins malicieuses, notamment en redirigeant du code malveillant et en lâexĂ©cutant Ă lâaide du tube.
Par exemple, si je voulais exĂ©cuter une fork bomb sur le systĂšme de quelquâun sans que cette personne ne sâen rende compte, jâutiliserai la ligne suivante :
echo "OigpeyA6fDomIH07Ogo=" | base64 -d | bash
NOTE : Ce code nâest pas si malveillant que ça, car il nây aura aucun dommage sur la machine, mais a le don dâĂ©nerver puisquâil force le redĂ©marrage complet.
Ici, le code base64 est dĂ©chiffrĂ© Ă lâaide du paramĂštre -d de la commande,
puis envoyĂ© comme tel Ă lâinterprĂ©teur bash qui va se charger de lire le code.
NOTE : Ce code dĂ©chiffrĂ© est appelĂ© fork bomb, câest un code Ă crĂ©er des processus en chaĂźne. Plus dâinformations dans les pages concernant ces derniers.
Lire un fichier
Nous avons dĂ©jĂ vu tout Ă lâheure une maniĂšre de lire un fichier avec la commande cat.
MĂȘme si je ne vous en avais pas parlĂ©, vous vous doutiez bien aprĂšs avoir exĂ©cutĂ© le code
que ce programme servait à la lecture de fichier. Eh bien, dans la réalité,
cat est une commande beaucoup plus complexe que ça, car elle ne sert pas quâĂ la lecture de fichiers,
mais à la concaténation de ceux-ci.
Si vous nâavez jamais entendu ce mot, câest un peu normal, il est tombĂ© en dĂ©suĂ©tude dans la langue française, comme le mot « dĂ©suĂ©tude » lui-mĂȘme. Pourtant, lâutilitĂ© dâun tel concept est primordiale en informatique, car sans lui, impossible de lier deux textes ou deux chaĂźnes de caractĂšres en un. La syntaxe de cat devient donc un peu plus complexe puisquâune infinitĂ© de fichiers peuvent ĂȘtre sujets Ă la mĂȘme opĂ©ration de concatĂ©nation :
cat [fichier] (fichier) (fichier) ...
NOTE : Les arguments entre parenthĂšses ne sont pas obligatoires. Ici, lâajout de plus dâun fichier Ă la lecture nâest pas un impĂ©ratif Ă la bonne exĂ©cution.
Le problĂšme avec cat, câest quâen dehors de la concatĂ©nation de deux fichiers dans un autre, son utilisation est peu pratique. En effet, lorsque la commande imprime du texte, elle affiche lâentiĂšretĂ© du contenu dâun fichier dâun coup, ce qui rend la lecture complexe, surtout lorsque lâon se trouve dans la console (le truc immonde en deux couleurs, je suis sĂ»r que vous nâavez pas oubliĂ© votre plus grand cauchemar). Alors il existe bien des alternatives, comme lire les 10 premiĂšres lignes dâun fichier avec head :
head [fichier]
Ou lire les 10 derniÚres lignes avec tail :
tail [fichier]
NOTE : NâhĂ©sitez pas Ă lire le manuel pour plus dâoptions avec ces commandes.
Mais, in fine, le rĂ©sultat reste le mĂȘme en termes de praticitĂ©. Ce quâil nous faudrait, ce serait un petit programme faisant dĂ©filer les lignes au bon grĂ© de lâutilisateur. Cette commande existe, et elle sâappelle less, pas besoin de tergiverser, voici sa syntaxe, ĂŽ combien claire et efficace :
less [fichier]
Supprimer des fichiers ou des dossiers
Dans le panel des actions Ă absolument maĂźtriser, il y a les classiques que nous avons dĂ©jĂ vus, comme la crĂ©ation et lâĂ©dition de fichier, mais il en reste une quâil nous faut absolument Ă©tudier : la suppression dĂ©finitive des fichiers et dossiers.
WARN : VĂ©rifiez bien Ă deux reprises avant de supprimer quoique ce soit, car ici, pas de corbeilles ou de confirmations lorsque lâon travaille dans le terminalâŠ
Ces deux actions requiĂšrent lâutilisation de la commande rm, dont la syntaxe pour les fichiers est la suivante :
rm [fichier]
Il nây aura plus quâĂ ajouter lâoption -R et le nom du dossier en argument pour supprimer
un rĂ©pertoire et tout son contenu (-d Ă©tant privilĂ©giĂ© lors dâun vide) :
rm -R [dossier]
WARN : Si la commande rm est si dangereuse, câest quâelle peut mettre fin Ă lâexistence de votre systĂšme avec cette simple ligne :
rm -Rf /*
Je vais vous donner quelques menues explications sur la commande de lâencadrĂ© ci-dessus, mĂȘme si vous ne devez en aucun cas lâexĂ©cuter sur votre machine :
-Rfest lâargument prĂ©cisant que lâon dĂ©sire supprimer un dossier et son contenu (-RĂ la base) et quâaucune confirmation ne soit demandĂ©e lors de la suppression de fichiers sensibles (donnĂ© par-f)./reprĂ©sente la racine du systĂšme, je vous donnerai de plus amples informations sur la racine et son comportement dans la partie sur les disques.*est appelĂ© joker, il sert Ă sĂ©lectionnĂ© tous les dossiers et fichiers prĂ©sents dans un rĂ©pertoire, en lâoccurrence ici, la racine du systĂšme. Servez-vous-en, non seulement pour appliquer une modification sur tous les fichiers, mais Ă©galement pour ne trier que les fichiers commençant ou finissant par tel nom.
NOTE : Le joker a un vĂ©ritable pouvoir de passe-partout. Avec, vous pourrez trĂšs bien supprimer tous les fichiers png (image) dâun dossier par exemple :
rm *.txt
Ăditer un fichier
Ăditer un fichier, câest le transformer pour quâil ressemble Ă ce que lâon souhaite. Vous lâavez dĂ©jĂ fait auparavant sur Windows, quand vous ouvriez le bloc note ou une page Word. Quand on parle dâĂ©dition, on fait rĂ©fĂ©rence Ă la modification du fichier, de son contenu ou bien de son contenant (son nom, ses mĂ©tadonnĂ©es, sa place, etc). Ătudions une commande fortement intĂ©ressant permettant le dĂ©placement dâun fichier dans un autre dossier :
mv [fichier] [dossier]
Par exemple, si je désire déplacer livre.txt dans mes documents, je ferais :
mv livre.txt Documents/
mv fonctionne également le faire avec un chemin absolu :
mv [fichier] /chemin/vers/votre/dossier
Un chemin absolu par de la racine de lâordinateur, il permet de dĂ©placer des fichiers vers une destination prĂ©cise, peu importe lâendroit oĂč lâon se trouve dans le systĂšme de fichier.
Une autre commande bien pratique, assez proche de mv est cp. Cette derniĂšre permet de copier un fichier dâun dossier A vers un dossier B :
cp [chemin1] [chemin2]
[chemin1] est le fichier Ă copier et [chemin2] est la destination que la copie va prendre.
Les deux routes peuvent ĂȘtre relatives ou absolues, cependant,
faites bien attention lors de la copie dâun dossier Ă rajouter un « / » Ă la fin de [chemin2]
pour éviter que son contenu ne soit remplacé par celui de [chemin1].
NOTE : Pensez Ă utiliser lâoption -r pour copier des dossiers. Rappelez-vous de bien lire le manuel pour connaĂźtre les tenants et aboutissants dâune commande.
Passons maintenant Ă la partie la plus intĂ©ressante de lâĂ©dition : la modification du contenu des fichiers.
Pour ce faire, nous aurons besoin dâun Ă©diteur de texte. Ăvidemment, utiliser un Ă©diteur classique et graphique comme Sublime Text, Atom ou Vscode est bien plus pratique que ce que nous allons voir, mais le but finale de tout ceci est de pouvoir Ă©diter ses fichiers depuis la console, ce qui sâavĂ©ra trĂšs pratique lorsque vous aurez pris le contrĂŽle dâune machine et que lâĂ©dition dâun fichier devra ĂȘtre faite.
Commençons par dĂ©couvrir lâĂ©diteur Nano :
nano
Celui-ci est assez simple dâutilisation car il nâest pas vraiment trĂšs puissant. Pour en sortir, il suffit de taper Ctrl + X, lâĂ©diteur devrait alors vous proposer de sauvegarder votre fichier puis de rentrer un nom.
Nano propose dâautres options quâil vous liste dans la barre infĂ©rieure Ă votre texte. De quoi pimenter un peu lâĂ©dition, mais rien de bien incroyableâŠ
NOTE : Sur Linux, « ^ » veut dire Ctrl et « M- » veut dire Alt. Donc ^C veut dire Ctrl + c (minuscule) et M-U correspond à Alt + u.
Je sens que vous ĂȘtes restĂ© un peu sur votre faim avec ce logiciel. Permettez-moi donc de vous en prĂ©senter un autre : Vim. Vous pouvez le lancer avec :
vim
Vous arrivez devant un Ă©cran fourmillant dâinformations en tout
genre et je vous conseille de le quitter en tapant :q.
NOTE : Il se peut que la commande ait renvoyĂ© une erreur lors de lâexĂ©cution. Cela veut dire que Vim nâest pas installĂ© sur votre systĂšme. Pour y remĂ©dier, tapez la commande suivante que nous expliquerons trĂšs prochainement :
sudo apt update && sudo apt install vim -y
Renseignez votre mot de passe, ou celui que vous avez choisi pour lâadmin de la machine. Laissez le programme faire, et tentez une nouvelle fois Vim. Retour Ă la normale⊠Ăa fait peur, nâest-ce pas ? Pas dâinquiĂ©tude Ă avoir, Vim dispose dâun programme vous permettant dâapprendre Ă lâutiliser, vous nâavez quâĂ exĂ©cuter la commande suivante et lire les instructions :
vimtutor
Suivez le guide Ă la lettre et vous deviendrez un professionnel de lâĂ©dition sur Linux (rien que ça). Comme je me sens dâune Ăąme charitable aujourdâhui, je vous propose une petite liste des diffĂ©rentes commandes de Vim :
Se déplacer et modifier du texte
| Description | Commande |
|---|---|
| Aller en haut, droite, bas, gauche | j k l h |
| Insérer sous le curseur | i |
| Ajouter du texte sous le curseur | a |
| Insérer en début de ligne | I ou 0i |
| Ajouter en fin de ligne | A ou $a |
Supprimer des éléments
| Description | Commande |
|---|---|
| Supprimer sous le curseur | x |
| Supprimer le mot Ă droite du curseur | dw |
| Supprimer une ligne | dd ou :dl |
Quitter Vim
| Description | Commande |
|---|---|
| Quitter sans avoir modifié | :q |
| Sortir en sauvegardant | :wq |
| Quitter en abandonnant le travail fait | :q! |
| Sauvegarder sans sortir | :w |
Ădition pratique
| Description | Commande |
|---|---|
| Copier une ligne | yy |
| Coller le résultat | p |
| Annuler la modification précédente | u |
| Revenir sur lâannulation | Ctrl + r |
Ne vous inquiĂ©tez pas, si la liste et longue, Ă force de pratique, vous arriverez Ă maĂźtriser chacun de ces cas et serez un habituĂ© de lâutilisation de Vim. Vous vous rendrez compte quâun temps inestimable sera gagnĂ© grĂące Ă tous ces raccourcis.
Afin de vous aider Ă apprĂ©cier la programmation et lâĂ©dition sur Vim, changer un peu son apparence va grandement contribuer Ă le rendre plus agrĂ©able :
curl -sLf https://spacevim.org/install.sh | bash
Je vous conseille Ă©galement de vous servir de cet Ă©diteur pour chaque Ă©dition que vous ferez Ă lâavenir.